Le Nouveau Mexique, entre neige et soleil

Ce blogpost est l’avant-dernier d’une série relatant mes aventures lors d’un road trip dans le Sud-Ouest américain. Si vous avez raté le début, n’hésitez pas à vous rattraper: retrouvez ici les posts relatifs à l’Arizona, l’Utah et le Colorado.

 

Prochaine étape de notre road trip: le Nouveau-Mexique! Un état parfois méconnu, pourtant riche en paysages de rêve, en expériences fabuleuses et autres histoires mystérieuses.

En descendant de la montagne (oui, je l’ai fait exprès, profitez d’avoir cette chanson pourrie en tête toute la journée!), nous nous sommes rapidement retrouvés au coeur d’une tempête de neige. Après tout, nous étions au mois de mars et savions que c’était une possibilité, surtout en altitude.

En une demi-heure, les paysages arides se sont transformés en cette vue complètement surréaliste:

new mexico snow

Sur le chemin, juste avant que le temps ne se gâte trop (si vous êtes observateur/trice vous repérerez d’ailleurs les premiers flocons sur les photos), nous sommes passés par le Rio Grande Gorge Bridge.

rio grande gorge bridge

Super impressionnant, ce pont lie les deux rives de la gorge creusée par le célèbre fleuve Rio Grande qui coule quelque 172m en contrebas. Et malgré le brouillard, le froid et la grisaille, je peux vous dire qu’il a de la gueule – à éviter si vous avez peur du vide.

rio grande gorge bridge

Notre premier arrêt était prévu à Taos, une petite ville de montagne. Et le temps d’arriver, un gros manteau blanc avait tout recouvert sur son passage. Nous nous sommes directement mis à l’abri dans notre motel et y sommes restés terrés toute la nuit – les petits Belges n’avaient pas nécessairement envie d’aller s’aventurer dans le blizzard, même si la quantité de neige et de vent n’avait pas l’air d’impressionner les locaux le moins du monde.

Le lendemain, après avoir déneigé notre 4×4, nous nous sommes lancés à la découverte des environs. Et nous avons découvert un « centre-ville » charmant et relativement déserté (en même temps, c’est la basse saison, et on ne peut pas dire que Taos soit l’épicentre du tourisme dans la région).

taos snow

Mais alors, qu’y faisions-nous au juste? Haha! Dans un reportage sur Arte (maintenant que j’approche la trentaine, c’est véritablement devenu ma passion), j’avais entendu parler d’Earthship Biotecture, une communauté construite autour d’une croyance en un type d’architecture durable et écologique, promouvant un mode de vie alternatif. Et évidemment, il fallait que j’y aille!

taos earthship

Les bâtiments qui abritent les membres de l’Earthship de Taos sont construits avec des « déchets »: les murs sont réalisés grâce à des vieux pneus remplis de terre et tassés les uns sur les autres comme des briques, qui isolent l’intérieur de l’extérieur été comme hiver. Un autre matériau populaire, ce sont les bouteilles en verre, mais aussi les canettes de soda usagées. Les maisons se veulent autonomes autant que possible, et sont également équipées d’un système de filtration d’eau sophistiqué qui permet de réutiliser celle-ci plusieurs fois: l’eau de pluie est ainsi filtrée pour être d’abord utilisée comme eau du robinet, ensuite dans les toilettes, puis pour arroser les plantes des serres qui équipent chaque maison, et où l’on fait pousser fruits et légumes bio.

taos earthship

Sur place, vous pouvez visiter une maison modèle pour voir tous ces principes en action. Vous pourrez également discuter avec les membres de la communauté que vous croiserez et leur poser toutes les questions que vous voulez. En revanche, interdiction de sortir du périmètre visiteurs – les membres de l’Earthship tiennent à leur vie privée et on les comprend.

taos earthship

Moi qui ai l’âme d’une hippie, j’étais déjà conquise en arrivant. Mais même mon homme, qui est pourtant plus traditionnel, est ressorti de la visite prêt à nous construire, à nous aussi, une habitation durable sur ce modèle.

D’après le fondateur du mouvement, il serait possible de construire des maisons sur ces principes architecturaux dans n’importe quel climat. Il y en a même une à Strombeek, chez nous! Après avoir fait quelques recherches, j’apprends que malheureusement, notre climat est trop humide, et que l’essai réalisé à Strombeek s’est avéré peu concluant.

C’était trop beau pour être vrai… mais même si l’idéologie est naïve, ça fait rêver à un monde meilleur, et qui sait: peut-être sera-t-il possible, dans un futur proche, de développer une version adaptable aux climats tempérés et à notre type de sol.

taos earthship

Après un rapide lunch, nous continuons notre périple vers le sud, et voyons la neige fondre à vue d’oeil, pour laisser place à une vue plus proche de ce que nous attendions du Nouveau-Mexique.

Lorsque nous arrivons à Santa Fe, il fait presque 30 degrés et le ciel bleu nous accueille pour une fin de journée sereine et agréable.

santa fe

Nous nous garons dans le centre-ville et décidons d’aller explorer à pied les quelques rues autour de nous. Car Santa Fe a beau être la capitale de l’état, c’est une toute petite ville aux bâtiments anciens, où les gens se déplacent à pied d’un pas plutôt cool. On y trouve des boutiques de bijoux, de cristaux et de grigris religieux, des galeries d’art, des restaurants et bars cachés dans des cours derrières des portes en fer, et une petite église qui nous rappelle notre Europe natale. Le tout articulé autour d’une place – fait rarissime dans un pays où la notion de centre-ville n’existe pas vraiment.

santa fe Cathedral Basilica of St. Francis of Assisi

Après tout, quoi de plus normal quand on sait que Santa Fe fût fondée par les colonistes espagnols en 1610, ce qui en fait l’une des capitales les plus anciennes du pays. En se promenant dans ses rues, on sent en tout cas que cette ville est différente, que l’état d’esprit qui y règne est plutôt branché slow-life, et on comprend tout de suite ce qui y attira foule d’artistes, dont la plus connue est sans doute Georgia O’Keefe (vous pouvez même visiter le musée qui lui est dédié, mais c’était déjà fermé quand nous y étions).

santa fe santa fe

santa fe

En sortant du centre, Santa Fe ressemble à n’importe quelle ville américaine (si ce n’est qu’une grande partie des bâtiments a le toit plat caractéristique du coin), mais le centre-ville n’en est pas pour autant l’unique attraction: en faisant quelques recherches sur TripAdvisor, notre curiosité est piquée par une activité recommandée par énormément de gens, une expérience unique baptisée The House Of Eternal Return.

Quelque part entre l’installation artistique, la plaine de jeux et l’escape room, ce concept unique est porté par le collectif d’artistes locaux Meow Wolf. Ensemble, ils ont recréé dans un hangar un véritable monde parallèle, entre réalisme et fantaisie.

house of eternal return ny times

Photo/ NY Times

L’idée est simple: lorsque vous pénétrez dans le « jeu », vous arrivez dans le jardin d’une maison. Vous apprenez rapidement que la famille qui y habite a subitement disparu, et êtes invités à partir à la recherche d’indices dans toute la maison. Dans votre quête de la vérité, la curiosité est loin d’être un défaut: n’hésitez pas à ouvrir tous les placards et à explorer le moindre recoin, car ils vous mèneront vers un univers parallèle comme vous n’en avez jamais vu.

Les photos étaient interdites à l’intérieur, histoire d’éviter de spoiler les gens avant leur venue, alors je n’en ai pas à vous montrer. Mais vraiment, vraiment, VRAIMENT: c’était juste génial. C’était beau, rigolo, intéressant, inspirant. J’ai adoré mener l’enquête, explorer, ausculter. Le prix d’entrée est plutôt cher (20$ par personne) mais ça les vaut largement. A faire entre adultes ou avec des enfants, de préférence en semaine et dès l’ouverture, car c’est un lieu très populaire et c’est un peu moins chouette quand ça se remplit. Ah et le week-end, des concerts et autres événements artistiques sont organisés dans l’un des espaces qui peut également servir de bar. Mykki Blanco y jouait quelques jours avant notre venue, gros gros regret de ne pas avoir pu y être.

 

albuquerque freeway

Prochaine ville sur notre itinéraire: Albuquerque! Située au sud-ouest de Santa Fe, c’est la ville la plus peuplée du Nouveau-Mexique. C’est aussi la ville avec les plus belles autoroutes que j’ai jamais vu! 😍

albuquerque

Albuquerque, c’est principalement des grandes routes, des énormes magasins au bord, des buildings impersonnels et des zones résidentielles de banlieue comme on en voit si souvent à la télé. Mais c’est aussi une vieille ville très charmante, jonchée de vieilles maisons à l’architecture typique du coin, de décorations mexicaines et de cactus.

albuquerque

Le soleil se couche bientôt, alors nous décidons de nous rendre chez High Noon, un saloon du centre réputé pour faire les meilleures margaritas de la ville.

high noon albuquerque margarita

Trois verres plus tard (il fallait bien tester nous-mêmes), nous sommes entièrement d’accord! Heureusement, notre motel n’est pas très loin et nous pouvons y aller à pied.

monterey non smokers motel albuquerque

Booké un peu par hasard parce que le nom nous faisait rigoler et qu’il était bien situé, le Monterey Non-smokers Motel s’est avéré être une véritable petite perle. La déco mixe à peu près tous les styles du 20e siècle et est kitschissime mais vraiment belle, les chambres et les espaces communs étaient super propres, et le propriétaire, un homme polonais grisonnant avec un sourire franc qui ne quittait pas son visage, était adorable.

monterey non smokers motel albuquerque

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Mais vous l’aviez peut-être deviné: la raison principale qui nous avait poussé à faire un stop à Albuquerque, c’était parce que l’une de nos séries préférées, Breaking Bad, se déroule dans ses rues et ses déserts. Nous avions donc fait nos petites recherches et sommes partis dans un parcours de fans, qui nous a amenés:

  • chez Twisters, le restaurant qui sert de décor pour Los Pollos Hermanos
  • chez Dog House, le restaurant où Jessie Pinkman fait ses « affaires » et qui, accessoirement, est réputé pour être une véritable référence dans la région (on a goûté, c’était bof, mais c’était surtout pour la photo).
  • devant le car wash que Walter achète pour blanchir son argent tranquillement
  • devant le motel squatté par les toxicomanes dans les saisons 1 et 2
  • devant le bureau de Saul Goodman
  • … et aussi devant la maison de Walter White, qui est actuellement habitée et dont nous n’avons donc pas pris de photo, histoire de quand même respecter l’intimité de ces pauvres gens 😂

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… et c’est tout pour aujourd’hui! Car le Nouveau-Mexique est grand et il y a beaucoup de choses à y faire, trop en tout cas pour un seul blogpost. La fois prochaine, je vous emmène dans le sud, sur la trace des aliens et dans quelques endroits magiques.

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