Responsable

Il y a quelque temps, lors de mon dernier article, je vous confiais mon ras-le-bol de shopping et ma volonté de vivre de façon plus minimaliste… entretemps, nourri par l’anxiété de contribuer de façon négative à un monde qui ne tourne déjà pas bien rond, ce sentiment de « trop » s’est transformé de façon exponentielle en véritable engagement contre la fast fashion et la surconsommation. Au risque de virer extrémiste, mais pour une très bonne cause, avec pour but de ne plus faire de mal à rien ni personne en m’habillant.

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© The True Cost

L’industrie de la mode est l’une des plus dévastatrices, autant au niveau écologique qu’au niveau socio-économique, et je ne sais pas pour vous mais personnellement, je commence à en avoir marre de me trimballer une telle culpabilité juste parce que j’ai envie d’un autre jean délavé à trous sur les genoux que celui que j’ai déjà (parce que la coupe est légèrement différente) et qu’en plus ça ne coûte que 30 euros. Tout ça pour finir par le donner aux Petits Riens une fois qu’on en a marre, en se disant que ça fera plaisir aux plus démunis, alors qu’on sait très bien que les associations croulent sous les vieux vêtements Primark dont personne ne voudra jamais plus, et qui représentent chaque années des tonnes de déchets non biodégradables, parfois même toxiques.

© Maya Kate

© Maya Kate

Le plus difficile, c’est que de tous les côtés, on essaye de nous faire croire qu’il y a des moyens faciles pour consommer de façon plus responsable sans devoir vraiment changer ses habitudes, pour compenser les achats excessifs et/ou pas très clairs.

Entre l’hypocrisie des lignes en coton bio des chaînes qu’on connait pourtant pour leur ‘souplesse’ lorsqu’il s’agit de contrôler leur chaîne de production, les initiatives du type « ramène tes vieux vêtements et on les recycle pour toi et en échange tu reçois même une réduction pour acheter encore plus » ou même les marques « créateur » qui induisent par leur prix qu’elles sont produites de façon équitable (alors que ce n’est parfois pas du tout le cas), franchement, ce n’est vraiment pas simple de s’y retrouver.

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© NYTimesBlog

Je le sais très bien, parce que je viens de passer un mois à m’y plonger pour essayer de voir ce qu’il me restait comme choix, moi qui voudrais malgré tout conserver ce plaisir de m’habiller avec de belles pièces (le sarouel en chanvre, merci mais non merci) tout en ne soutenant plus que des entreprises honnêtes et transparentes, en qui je pourrais avoir confiance.

J’ai donc décidé de m’atteler, dans les mois à venir, à vous faire découvrir des marques qui font les choses bien. De cette façon, j’espère élaborer une espèce de guide à destination de celles (et ceux! il y en aura aussi pour les hommes) qui souhaiteraient se lancer dans la grande aventure de la mode éthique. Le but est que je teste ces marques moi-même et que je me renseigne à fond sur leur origine, leur mission, leur fonctionnement… bref, tout ce qui pourrait poser question. Evidemment, je veillerai autant que possible à l’aspect budgétaire, puisque  non, je ne suis pas devenue riche du jour au lendemain et le prix reste pour moi un élément décisif – même si raisonnablement, il faut avoir des attentes réalistes et se détacher des standards inculqués par les marques de fast-fashion (non, un pull en laine, ça ne coûte pas 40 euros).

Pour vous permettre de facilement retrouver les contenus liés à la mode éthique, je regrouperai tout dans la catégorie Durable que j’ai créée pour l’occasion, et qui viendra s’étoffer au fur et à mesure.

quotes sustainable fashion

En attendant, quelques principes de base:

  • si l’on veut consommer de façon responsable, on oublie direct les vêtements cheap. Primark, Forever 21 et compagnie sont évidemment les pires (autant au niveau des conditions de travail que des produits toxiques employés pour la teinture, le délavage…), mais ASOS, H&M et Inditex (le groupe auquel appartient Mango, Zara, Bershka…) ou encore Adidas, Reebok… ne sont franchement pas très loin, même si à force de se faire remonter les bretelles, ils multiplient les initiatives qui leur permettent de se donner bonne figure. Le mot d’ordre, c’est de ne pas être naïve: ce n’est pas parce qu’un T-shirt est fait en coton bio qu’il n’a pas été cousu par une pauvre nana qui travaille 14h par jour pour 2$. Et quand bien même: je n’ai pas envie de soutenir une marque qui ferme les yeux sur le travail des enfants, les conditions de productions irrespectueuses des droits de l’homme ou l’usage de produits chimiques toxiques. Même s’ils sortent une série de 20 pièces qui respectent l’environnement.
  • on ne peut pas vraiment se tromper en achetant en seconde main. OK, un T-shirt Mango acheté en seconde main aura peut-être été produit dans des conditions obscures, mais vous vous le procurez dans un circuit de « recyclage » et ne contribuez pas à l’enrichissement d’Inditex. Enfin… pas directement, en tout cas. Les boutiques vintage, les sites genre Vestiaire Collective ou l’app Depop, les vide-dressing… sont une façon plus abordable d’adapter sa consommation, et pour les petits budgets (comme le mien) c’est déjà un début de solution.
  • on n’hésite pas à faire sa petite enquête lorsqu’on a un doute sur une marque. Au cours de mes recherches, je suis tombée sur le site très pratique rankabrand.org, qui recense plein de marques et leur niveau de « responsabilité », une façon rapide de tâter le terrain lorsque vous hésitez sur l’hypocrisie d’une marque qui vous fait de l’oeil.

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© The True Cost

J’ai hâte de plonger dans le vif du sujet et surtout, d’entendre vos voix ! Je sais que certaines d’entre vous sont déjà sensibles à cette problématique, et j’espère qu’on pourra s’inspirer les unes les autres et échanger plus que jamais dans la direction plus engagée que je prends avec ce blog. A très vite !

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