Après 4 jours à Los Angeles, nous avons donc remballé nos valises et pris la route direction notre prochaine étape, Palm Springs. Le trajet ne dure que quelques heures, mais il y a tellement de choses à voir en chemin que ça vaut la peine de s’arrêter: le paysage évolue de l’autoroute à 6 bandes, vers le zoning industriel, pour se muter lentement mais sûrement en désert aride. Sur le bord de la route, les stations essence, motels et diners se raréfient peu à peu. Les voitures aussi. Certains bifurquent vers l’outlet mall (qui est assez réputé car on peut y trouver de grosses marques de luxe), mais bizarrement, sur le coup, ça ne nous fait pas du tout envie.

cabazon dinosaurs

Quelques miles plus loin se trouve une des roadside attractions de notre bucket list: les dinosaures de Cabazon! Hauts de plusieurs mètres, ils ont été construits dans les années 60 par un type qui voulait attirer plus de clientèle dans son restaurant. Aujourd’hui, le restaurant est fermé, mais les dinos sont toujours là et continuent d’attirer quelques curieux. Le brontosaurus a été reconverti en boutique de souvenirs (oui oui, on peut monter dedans!) et un mini-parc d’attraction a été construit un peu plus loin. Pour une dizaine de dollars, vous pouvez y voir plus de dinosaures, on ne l’a pas fait car on voulait surtout voir les deux énormes en béton!

J’ai beaucoup aimé cet endroit, son côté un peu triste car le coin est vraiment désertique et peu fréquenté. La boutique de souvenirs est toute sombre, le terminal Visa était en panne… j’ai ressenti énormément de nostalgie en visitant cet endroit qui appartient à un temps révolu.

desert california

Nous avons ensuite repris la route direction notre hôtel à Palm Springs, à quelque 20 minutes de là. L’arrivée à Palm Springs, c’est vraiment quelque chose: on roule dans un désert bien bien désertique, il fait 40°C, il n’y a pas l’ombre d’un point d’eau, puis pouf, d’un coup, les palmiers surgissent par dizaines et les hôtels s’enchaînent sur le bord de la route. Réputée pour ses sources, destination privilégiées pour les habitants de Los Angeles lorsqu’ils veulent prendre quelques jours de vacances bien mérités, Palm Springs est une véritable oasis au milieu de nulle part, quelque part entre le refuge pour retraités et la ville hype qui accueille tous les hipsters du monde chaque année pour Coachella. J’ai trouvé ça très mignon dans l’ensemble, très agréable, et on y a super bien mangé (les meilleurs fish tacos du monde, chez Shanghai Reds – je me demande encore comment ils font pour avoir du poisson aussi frais au beau milieu du désert). Notre hôtel, The Monroe, était un super choix: bonne situation, chambres propres et récemment rénovées, personnel hyper sympa… je vous le recommande (et si l’argent n’est pas un problème pour vous, le Ace hotel est un des incontournables)!

monroe hotel palm springs

Une fois les valises posées, comme il nous restait quelques heures avant le coucher du soleil (qui était à 19h – ben oui, on est plus proches de l’équateur, fallait y penser…), nous avons repris la route dans le désert, avec un premier et rapide stop chez In’n’Out pour un bon burger ^^

in n out palm springs

Après ça, nous avons filé le long de Salton Sea, un lac artificiel surréaliste, au milieu du désert, entre Palm Springs et la frontière mexicaine, direction Salvation Mountain, une autre roadside attraction que nous voulions à tout prix aller voir.

salvation mountain

Que vous dire de cet endroit… pour une raison qui m’échappe à moitié, il m’a émue à un point auquel je ne m’attendais pas du tout. Salvation Mountain est une oeuvre d’art réalisée par un mec tout seul. Leonard Knight a passé 20 ans de sa vie à la bâtir de ses propres mains, c’était son projet, et il y consacrait tout son temps et son énergie. C’est un monument à l’amour, religieux certes, mais pas que. Cette mini-montagne toute colorée a perdu son créateur l’année passée, mais une bande de jeunes a décidé de poursuivre l’oeuvre de Mr Knight, et c’est tant mieux car sinon, on n’aurait jamais pu y mettre les pieds. Se retrouver là, au coucher du soleil, dans le silence du désert, en amoureux, (presque) seuls, ça valait largement les heures de route, la chaleur épouvantable, le vent de dingue… Ca m’a rempli le coeur d’amour et de gratitude (et a fait de moi une véritable hippie, apparemment).

salvation mountainsalvation mountainsalvation mountain

Le lendemain nous attendait un des « gros morceaux »: nous avions une journée pour faire Palm Springs – Grand Canyon. En théorie, il y en a pour 5h de route environ, en réalité ça a duré beaucoup plus longtemps. C’est l’une des plus belles routes qu’on ait faites, mais elle démarre par quelques heures plutôt intenses et solitaires: en longeant Joshua Tree National Park, on s’enfonce dans les dunes de sable. Plus de voitures, plus de magasins, juste nous et un paysage à peine croyable qui s’étale tout autour de notre décapotable.

Si vous roulez un jour plusieurs heures dans le désert, je vous conseille deux choses: prenez de l’eau dans votre voiture, car vous ne savez jamais où se trouve le prochain signe de civilisation, et préparez une bonne playlist! La nôtre reprenait, entre autres, l’album Channel Orange de Frank Ocean, AT.LONG.LAST.A$AP d’A$AP Rocky et quelques classiques américains compilés par… GTA. Hilarant et culte à la fois, parfait pour passer le temps et oublier la chaleur écrasante.

desert california

Finalement, on croise une station essence! On a la dalle, la voiture aussi. Dès qu’on coupe l’airco, les 45°C nous immobilisent sur place – on n’est bien qu’à l’intérieur, où l’airco fonctionne à nouveau à fond. On en profite pour se dégourdir les jambes et passer aux toilettes, et on demande conseil à l’employée derrière le comptoir sur la route à choisir pour remonter vers l’Arizona: elle nous guide vers la route la plus longue, qui est beaucoup plus sympa et nous permettra de découvrir la diversité des paysages de ce coin de l’Amérique. Et elle avait raison: en route, on croisera des montagnes rouges, un lac magnifique, des forêts de mini-arbres… le chemin est encore long jusqu’à Williams, la ville où nous avons prévu de loger le soir, et il fait déjà bien noir lorsque nous arrivons vers 20h30.
williams arizona
Williams, c’est la « dernière ville avant le Grand Canyon« , celle d’où partaient les trains qui permettaient d’y accéder il y a déjà bien longtemps (et que vous pouvez toujours prendre!), celle où s’arrêtent, encore aujourd’hui, les gangs de motards sur la route 66 et autres aventuriers.

C’est un minuscule patelin, composé principalement de motels et de gift shops qui jouent le jeu des clichés américains à fond, ce qui est précisément pourquoi ça m’a tellement plu! Nous avions réservé une chambre au Grand Canyon Hotel, le plus vieux hôtel du coin (il existait avant la route 66, c’est elle qui est venue se planter juste devant!), géré par une adorable dame qui nous a laissé choisir parmi les chambres restantes. Résultat: nous avons passé la nuit dans la chambre mexicaine! Eh oui, chaque chambre a un thème, et est entièrement décorée dans le style qui y correspond.
williams grand canyon hotel

On était bien crevés, mais avant de tomber comme des masses il fallait bien se remplir l’estomac! Sur les conseils de la propriétaire de l’hôtel, nous nous sommes donc rendus au Cruisers Route 66 Café, un espèce de diner géant qui sert toutes sortes de viandes cuites au barbecue avec des accompagnements bien gras qui tombent bien sur l’estomac ;) J’étais très contente avec mon hamburger-frites, surtout qu’il m’a été servi dans un temps record et m’a permis d’aller me coucher rapidement.

williams dinerwilliams arizona

Si vous y mangez, n’oubliez pas d’aller faire un tour aux toilettes, elles sont formidables :D

williams gas station

Après une bonne nuit de sommeil (c’est bizarre, pas d’insomnie quand on passe 8h sur la route!), on se lève et on fait le plein, avant de prendre la route vers la grande étape du jour: le Grand Canyon, qui se trouve à environ 1h de Williams. Malheureusement, nous ne pouvons y rester que quelques heures, car Las Vegas nous attend , mais on compte bien en tirer le maximum, alors on est venus préparés!

grand canyon

Une fois entrés dans le parc (comme la plupart des National Parks, l’entrée se compte par véhicule. Elle s’élève à 30$ si je me souviens bien!) via le versant sud, nous empruntons Hermit’s Road via le shuttle gratuit pour profiter d’un maximum de vues différentes. On s’est arrêtés tous les deux arrêts histoire d’admirer le Grand Canyon sous différents angles. Infiniment impressionnant, il est malheureusement quasi impossible de retransmettre la magie de cette endroit sur une ‘vulgaire’ photo.

Mon moment le plus dingue, c’est quand on s’est rendus compte que l’endroit où l’on apercevait la rivière Colorado était le fond du continent. C’est le point où, après des millions d’années d’érosion, la rivière ne pouvait plus creuser, et est restée bloquée. Impressionnant, hein?

desert view

Avant de repartir, petit détour par Desert View, un point de vue qui était chaudement recommandé sur Trip Advisor. Une fois arrivés, on a compris pourquoi: s’il n’y en avait qu’un à faire, ce serait celui-là! La petite tour que vous voyez ci-dessus est sympa à voir, mais c’est le panorama qui nous a coupé le souffle.

Bref, le Grand Canyon, on y retournera, et cette fois, on y passera plusieurs jours, histoire de pouvoir descendre dans le canyon en randonnée, de pouvoir y faire du rafting et observer la faille depuis le versant nord. S’il se trouve sur votre chemin, un conseil: ne sous-estimez pas son importance et prévoyez-y assez de temps pour le découvrir à fond! C’est une erreur que je regrette d’avoir faite, même si il a bien fallu faire des choix.

D’ici quelques jours, je vous emmène à Vegas, soit l’opposé complet de toute cette nature…